En commun

Isabelle et moi sommes nés en plein Flower power, à un an et un jour d’écart. Dès l’âge de cinq ans nos parents nous ont inscrits au Centre Américain, une grande maison pleine d’amour, toute entière dévouée à la danse, aux percussions africaines, au théâtre, à l’expression corporelle, à l’expression primitive.

GEO133AA-039_The_old_American_Center_boulevard_Raspail_Paris Le Centre Américain à Paris

Le mercredi après midi en plein Les fous du volant, notre mère coupait la télé et nous trainait jusqu’à l’arrêt du 68 direction le Centre américain. Le cours d’expression primitive d’Ernst Duplan commençait par une succession d’assis! Debout!. Sur les percussions de Gem, on se transformait en serpent, en lion, en singe.

On a fait du théâtre, de l’expression corporelle, des percussions jusqu’à ce que l’adolescence et surtout les années 80 nous éloignent du centre Américain. Aujourd’hui il n’existe plus. À la place il y a la fondation Cartier, une maison pleine d’amour toute entière dévouée à l’art…

Capture d’écran 2013-04-27 à 15.37.34 La fondation Cartier

La veille de mon départ pour le Célibatorium de Pont sur Sambre, Isabelle m’a demandé de lui écrire une chanson. Ce sont nos souvenirs d’enfance qui m’ont dicté le texte.

Ici, une petite vidéo autour de la recherche du gimmick sur le synthé Poly 800 de Boom (que je vous présenterai plus tard). Il est plein de sons doux et mélancoliques comme dans certaines chansons de Gainsbourg qu’on écoutait chacun dans son coin, Isabelle et moi : le Pull Marine, Les dessous chics.

Publicités

Si vous aimez le thé

BenoitCarrevisuel

En 1995 sortait le premier album de Lilicub, sur la pochette une tour Eiffel maquillée en fusée comme dans « On a marché sur la lune ». Je me souviens d’une discussion avec J… , le chef de produit, dans les bureaux du label. On voulait, Catherine, Philippe et moi, fêter cet évènement :

—Pourquoi on irait pas jouer sous la tour Eiffel ? (Johnny et Woodkid ne l’avaient pas encore fait)

—Il n’y aura personne, a objecté Jérôme.

—Il y aura nos amis, des touristes, des passants! S’est enthousiasmée Catherine

—Pour l’évènement! A renchéri Philippe

—Mais ce n’est pas un évènement… C’est un non-évènement !

—Un non-évènement ?

—Oui, c’est ça, un non-évènement, a confirmé Jérôme.

Comme dans Alice au pays des merveilles une sorte de chapelier fou allait donc fêter avec nous le non-évènement  en nous resservant du thé toutes les trois secondes… « Un joyeux non-évènement! Pour qui ? Pour moi ? Pour vous ! ».

Aujourd’hui sort Célibatorium et aujourd’hui, comme souvent, je vais donc tenter de finir une chanson ou un texte. Mais je vais aussi répéter pour le petit concert de demain à Pont sur Sambre, tout près du Célibatorium caché dans la forêt, car finalement et contre l’avis de J… , je vais fêter cette sortie avec ceux qui sont venus jouer,  chanter, préparer des plats, ceux qui sont passés pour écouter les chansons.

Si vous êtes dans les parages, amenez le thé…!