Tournage à L’hotel Particulier du clip J’ai peur des filles

L’hôtel particulier, vous connaissez? C’est un lieu hors du temps, comme une chanson de Melody Nelson, avec un petit côté « À rebours » de Huysmans pour le décor : du velours, de la soie et des harmonies feutrées.

Benoit La suite (photo de Nicolas valois)

Rendez-vous à 11heures, un matin de Juin. Au bout d’une impasse privée où se prélassent quelques chats, le réalisateur Benoit Pétré (Thelma, Louise et Chantal) s’étire sur le perron, tandis que Fred Birault connu pour son blog Cut By Fred, entame un pain au chocolat. On attend Martial Schmeltz, le chef op et son équipe. Nora Hamel maquille Valérie Kéruzoré, la première actrice, Aude Thomas Fidon la coiffe (il faut bien quatre mains, celles d’Aude et de Fred pour sculpter les cheveux de ces demoiselles). Janane traverse le jardin avec toutes les robes qu’on découvrira tout à l’heure.

Benoit-et-Fred Benoit Pétré et Fred Birault

Je reviens à un message Facebook de Benoit Pétré, un mois plus tôt: J’ai l’idée! Des actrices miment les paroles de ta chanson. Les meilleures idées se résument en quelques mots. Restait à filmer celle-çi. Benoit a appelé ses ami(e)s, loué la caméra, booké la chambre, trouvé les costumes, c’est comme ça que le rêve devient réalité, chez Pétré prod.12heures: La suite est pleine de monde, il faut faire vite. Tout doit disparaitre à 19 heures. On pousse les fauteuils et la marquise contre les murs. La salle de bain et le bureau serviront pour la préparation, costumes, maquillage, coiffure. Dans la chambre, le cadre se construit, Martial ajuste les ombres, petit débat sur la présence ou non des lampes de chevet, on laisse entrer un filet de lumière du jour. La graphiste Lucie Pétré, apporte les  tableaux en carton-plume où sont inscrits les noms, André Gide, George Sand.

 

13heures: Valerie est prête, assise sur le bord du lit, elle attend le premier clap!. Silence, moteur… on tourne. Dès le premier playback, Valérie joue avec sa palette, ultra sensible, drôle, elle passe d’une émotion à l’autre sans transition: l’idée de Benoit prend forme sous nos yeux; c’est un des bons moments de la vie. L’image est belle, sophistiquée. Le doigt vainqueur de Valérie se déplie sur j’ai peur des filles qui bandent : un must.

Valerie Kéruzoré Valérie Kéruzoré (photo : Nicolas Valois)

 

14heures: Marie Kremer apparait dans une robe en mousseline très Betty Draper. Anxieuse, elle s’assoit sur le bord du bord du lit et me dit qu’elle n’a aucune idée de ce qu’elle peut faire. Benoit lui demande de jouer comme si ce clip la saoulait. Elle mime la perplexité, la gène, le dimanche, le désarroi sur « André Gide » et puis saute sur le lit, sort littéralement du cadre. Excellent! Assis à côté d’elle pour ces quelques prises, je fixe mes chaussures stoïquement en rebondissant sur le matelas.

Marie Kremer Marie Kremer (photo de Nicolas Valois)

 

15heures: C’est au tour de Julie-Marie Parmentier de creuser mon problème avec les filles. Je regarde l’image dans le moniteur, ébloui. Fred, Aude et Nora ont fait un très beau travail; Julie-Marie attend le clap. Dès l’intro, elle déploie très délicatement une chorégraphie minimale, en opposition avec la musique, celle d’une princesse qu’on dérange vraiment, mais qui se plie au jeu. On applaudit comme dans les salons.

Julie-Marie Parmentier Marie-Julie Parmentier (photo : Nicolas Valois)

 

16heures: Marie Denarnaud nous averti tout de suite: « vous n’allez rien garder »! Vannes sur le plateau, Benoit sait parler aux actrices. Marie me demande: « Pourquoi tu n’aimes pas les filles qui aiment André Gide? » »Non, j’ai peur! » Pas confondre! Ce serait plutôt l’inverse… C’est ma version de « J’aime les filles » de Dutronc, en nettement moins optimiste. »Ah, parce qu’elles sont trop intelligentes! »Je bredouille quelques mots que je ne comprends pas moi-même, donc la preuve. Il faut dire qu’elle fait hyper peur dans sa robe pailletée, le col remonté comme Elvis. Pendant qu’elle joue, je suis posé sur un coin du lit, privé du plaisir de la voir improviser. Compliment de Benoit (« tu ne veux pas retourner au cours Florent? »), je vous dis, il sait parler aux filles, lui.

Nora Hamel, Marie Denarnaud et Benoit Pétré Nora Hamel, Marie Denarnaud et Benoit Pétré (photo : Nicolas Valois)

 

17heures: c’est l’heure d’Isabelle qui arrive avec des accessoires, bottes, classeur et saucisses (pour: qui vivent à l’allemande). « C’est pas un peu incestuel cette histoire? » demande-t-elle. Ah! Petit point psy… J’ai une pensée pour les frères qui couvrent leur soeur de haut en bas dès qu’elle fait un pas dehors. La peur des femmes est au-delà du désir, donc, pas forcément incestuel… Et puis on est là pour faire un beau clip, plutôt drôle, un hommage à de belles actrices. Isabelle déploie son talent et s’amuse avec les objets posés sur le lit. Après ses prises, on regarde le moniteur. C’est comme un retour en enfance, nos spectacles pour les adultes, après le diner. Elle assure ma soeur.

Isabelle Carré et Benoits  Isabelle et les deux Benoit (photo : Nicolas Valois)

 

18heures: Julia Piaton est toute en dégradé de boucles, Fred et Nora ont crée un tableau par actrice: Julia a un visage comme dans les tableaux du Tintoret, mais avec un côté Demoiselle de Rochefort. Ça devient parfait quand elle swingue ou qu’elle mime une baronne au volant d’un cabriolet.

19heures, il faut ranger. La fête est finie, voici les images…

Merci.

Martial Schmeltz & Benoit Carré

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